offrir l'éternité à nos enfants

Publié le par gaëlle Brunetaud

Caroline m’écrivait hier soir : « Je tenais à te dire merci, grâce à toi j'ai compris que j'avais offert l'éternité à Clément; par conséquent j'arrive à y penser sans pleurer. A en parler sans faire paraitre ma peine, mais plutôt la joie que j'ai eu à partager sa vie. Ton livre a été pour moi la petite lumière qui m'a fait avancer. J'arrive enfin à voir mon petit prince comme un voyageur :)
Merci. »

Bizarrement, j’avais depuis très longtemps cette petite phrase dans la tête : « quand on donne la vie, on donne la mort ». Je ne savais pas à quel point c’était vrai, à quel point la vie et la mort se rencontreraient dans les premières vies que j’essaierais de mettre au monde.

On sait peu de choses. On sait le début de l’histoire : la conception. Et encore … elle est bien cachée à l’intérieur des corps, elle se fait sans bruit, et, pour la plupart, son moment exact est un mystère. De la suite on ne sait rien : quel sera le caractère du petit être qu’on porte en soi, quel sera son visage, ses joies, ses talents, combien de temps nous vivrons ensemble …
Attendre un enfant, c’est s’offrir à ce mystère, s’offrir malgré tout, malgré les risques – fausses couches, malformations, anomalies génétiques, mort in utero, mort subite, accidents en tous genres ….-.
Donner la vie, c’est se donner à ce dont on ne sait rien, mais qui est la vie.

Bien sûr on aurait aimé que le voyage s’éternise, bien sûr on aurait voulu que l’enfant reste… Une femme enceinte n’imagine pas son bébé ailleurs que dans ses bras et dans sa vie.
Mais malgré le chagrin, le vide, le silence et le manque, comme l’écrit Caroline, nos bébés sont passés parmi nous, et ce passage a été une joie. Nous avons été heureuses de les porter dans le ventre, heureuses de cette conversation de corps à corps et de cœur à cœur, heureuses de ce temps passé ensemble. Alors, au fil du temps, au fil du deuil, de temps en temps, on peut peut-être réussir à retrouver cette joie là et à la conjuguer au présent. La joie d’avoir porté cet enfant, la joie de l’avoir eu contre soi, et la joie, peut être, de le savoir vivant, quelque part, dans un endroit dont on ne sait rien, mais dont on espère, dans le secret de notre âme, l’existence bienfaisante.  
Une vie est une vie, sa valeur n’attend pas le nombre des années, nous en avons déjà parlé. Une vie est une vie, et une vie peut être une joie
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Publié dans expérience vécue

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