une belle leçon de vie

Publié le par Diane J

Chère Madame,
J'ai lu votre ouvrage sur votre enfant avec beaucoup d'émotion.
Vous ne pouviez, me semble t-'il, lui rendre un plus bel hommage! Par l'écriture, vous ancrez l'existence de Marie-Kerguelen dans le réel et la faîtes accéder à l'immortalité. Votre enfant vit en vous ainsi que dans l'esprit de vos lecteurs.
Je ne suis pas prête d'oublier votre livre qui m' a fait verser toutes les larmes de mon corps.
Il a trouvé une résonance immédiate en moi car, cet été, alors que je croyais aller passer d'agréables vacances auprès de ma soeur qui venait de s'installer en Turquie, je l'ai accompagnée - autant que je l'ai pu mais très insuffisamment- dans sa "fausse-couche". Je n'aime pas du tout ce terme car attendre un enfant est bien réel, surtout quand l'on s'est tant investie affectivement et physiquement. Il faudrait en trouver un autre.
Ma soeur de 37 ans a recouru à la FIV. Je l'ai accompagnée lors de la prise de sang qui lui a révélé qu'elle était enceinte. Non pas de 2 mais de 3 embryons alors qu'initialement, les médecins ne devaient lui en implanter que 2. Puis elle a fait de petites hémorragies. 2 semaines plus tard, il n'y avait plus qu'un embryon. Puis, le jour de mon départ, j'ai été déchirée car ma soeur a refait une hémorragie. Cette fois plus importante. Nous nous sommes de nouveau précipité à l'hôpital. A l'échographie, le coeur de l'enfant battait. J'ai rassuré alors ma soeur autant que je le pouvais. Les médecins ont dit à ma soeur de rentrer chez elle et de s'aliter. Je l'ai donc quittée dans ces conditions - elle saignait encore. Puis 5 jours après, ma soeur a perdu le bébé. Nous nous sommes revues ensuite à Paris puis sommes parties ensemble avec toute ma famille en vacances. J'ai senti que physiquement elle allait mieux. Mais elle m'a dit que psychologiquement, elle se sentait encore très affectée. Elle a fait tout ce qu'elle pouvait pour reprendre vie: consulter pour la première fois de sa vie un psychothérapeute, et moulte autres médecins. Ma soeur m'a un peu parlé, m'a même offert un cadeau pour me remercier d'avoir été à ses côtés au moment de cette épreuve. Mais j'ai eu le sentiment d'être très impuissante et de ne pouvoir lui offrir que mon écoute. De plus, j'avais l'impression qu'elle ne trouvait pas les mots pour parler de sa douleur. Le reste de ma famille, tout en partageant sa douleur, ne m'a pas semblé vraiment prendre très au sérieux son épreuve, par souci de ne pas dramatiser, et parce qu'elle estime qu'une fausse-couche qui survient si vite (au bout d'un mois) n'est pas si grave que cela.
J'ai pensé qu'offrir votre livre à ma soeur pourrait lui mettre un peu de baume au coeur et qu'elle pourrait peut-être profiter de votre si belle attitude par rapport à la vie d'un enfant à naître qui s'en va si tragiquement.
Je vous admire pour cette belle leçon de vie que vous nous donnez. Votre fille a eu de la chance de tomber sur une mère comme vous.
Si je puis me permettre, j'aimerais vous demander pourquoi vous avez publié votre magnifique livre Marie-Kerguelen à compte d'auteur? Il me semble qu'il trouverait bien sa place dans une grande maison d'édition (Le seuil ou d'autres)? Mais peut-être souhaitez-vous garder ce contact étroit, cette quasi-intimité avec vos lecteurs? Poursuivez-vous votre travail d'écriture? Vous avez un vrai talent d'écrivain!
Je vous souhaite bon vent et me permets de vous embrasser affectueusement,
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