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gaelle brunetaud 6 rue de breteuil 94100 Saint Maur des Fossés

Livre Papier 14*20 cm, 138 pages, isbn : 978-2-9528879-0-8 imprimé sur papier bouffant ivoiré
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83 pages en format 21*29,7cm

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Marie-Kerguelen, le livre

 

 

"Il est des événements dont on ne guérit pas.  

On les porte en soi pour toujours On croit que le temps passe, qu’il lisse l’effroi. 

On croît qu’on a sublimé l’épreuve,
qu’on l’a dépassée, oubliée. 
Pourtant, le mal est fait, et, au plus profond de soi, la douleur est intacte.
Le cœur, déséquilibré, ne bat plus pareil.
Une fenêtre est béante, le vent s’y engouffre, la vie s’y dérobe.
On est glacé. On est perdu. Une part de soi s’est enfuie.
On est fragilisé à jamais, en manque pour toujours.
En soi, désormais, quelque chose n’attend plus que la fin.  
Il faut peut-être plonger profond pour trouver la source de sa vie. 
En laissant ma fille s'envoler, j'ai trouvé une pierre précieuse,
une petite flamme qui s'apparente au cristal de l'âme..."

Ó gaëlle Brunetaud, extrait de "Marie-Kerguelen"

Dimanche 1 avril 2007

je l'ai lu d'une traite et j'ai adoré.
les mots m'ont énormément touché. je me suis retrouvée dans cette histoire.
merci pour cet ouvrage magnifique et cette foi qui vous porte que nous transmettez.
Ysa

par Ysa publié dans : vos avis sur "Marie-Kerguelen"
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Samedi 31 mars 2007

Dans l’émotion, on n’a souvent plus de mots. On a des larmes, on a des cris, on est abruti, abasourdi. On est sans voix, ou bien ce son n’est qu’un hurlement.
Quand les mots reviennent, c’est bon signe. Nommer les évènements, c’est se donner la possibilité de les mettre à distance, de les observer, de tourner autour, de voir ce qu’on en fait. Il faut pouvoir penser pour panser. Et c’est à ça aussi que servent les psychothérapies : mettre en mots, faire des liens, trouver du sens, reprendre la responsabilité de sa vie,… l’important n’étant pas seulement « ce qu’on nous a fait » mais « ce qu’on fait de ce qu’on nous a fait ».

Mettre un mot sur une chose, c’est la faire exister. Et c’est à double tranchant. Pour guérir, certaines personnes ont besoin de savoir qu’elles ont un cancer. Elles savent ainsi contre qui elles luttent, et elles peuvent fourbir leurs armes. D’autres, au contraire, iront mieux si elles ne savent rien : ce qui n’est pas nommé n’existe pas, ce qui n’existe pas ne les atteint pas. Elles se soignent en traitant la maladie par le mépris. Ainsi, peut être, le mal peut partir comme il était venu, dans l’inconscience et le silence …
Tout dépend des tempéraments. Les mots peuvent engendrer des maux autant que l’absence de mots peut somatiser des maux.
Car les mots disent la perception que nous avons de notre environnement. Ils sont en prise directe avec notre réalité.

Dans ce contexte, pourquoi vouloir, à tout prix, donner un prénom au bébé qu’on perd à la naissance, pourquoi désirer si fort un nom sur un livret de famille, un acte de naissance ? Pourquoi un tel besoin de reconnaissance ?
J’aimerais que nous partagions nos expériences pour mieux comprendre ce qui se trame ici. J’aimerais que vous nous disiez ce que vous avez eu besoin de vivre, ce que vous auriez aimé vivre autour de ces mots et de cette reconnaissance. N’hésitez pas à commenter ce texte qui n’est qu’une ébauche, le début d’un questionnement. Avez-vous eu besoin de la reconnaissance de votre bébé mort à la naissance ? Que vous a-t-elle apporté ? Si vous ne l’avez pas eu, quel impact cette absence a-t-elle eu sur votre travail de deuil ?

En accouchant de Marie-Kerguelen, je tenais absolument à ce qu’elle soit reconnue. J’avais supplié le médecin. Je voulais un acte de naissance, il fallait qu’elle soit vivante. Un prénom, un nom, une date, c’est tout ce qui me resterait d’elle, c’est la seule chose qui prouverait aux autres qu’elle était passée, qu’elle avait existé, qu’elle n’était pas un bout de chair, un début de rien, un espoir brisé.
Et puis, il y avait cette question de statut. Il s’agissait de quitter l’état de fille pour devenir mère. Il s’agissait de mettre les mots en accord avec ce qui s’était passé : une maternité, avec tout ce qu’elle implique de transformation psychique, physique, voire spirituelle. Une maternité dans tout ce qu’elle a de sens initiatique.
Marie-Kerguelen est née vivante, il n’y a eu qu’à écrire la vérité. J’ai eu ce papier, j’ai eu cette reconnaissance administrative. J’ai vu que cette reconnaissance « légale » n’impliquait aucune reconnaissance sociale, aucun droit particulier, mais qu’elle permettait d’affirmer son point de vue sans se laisser impressionner par celui des autres, pour qui il ne s’était rien passé, pour qui rien n’était venu, rien n’était parti, pour qui il n’y avait eu que l’illusion de la vie. Et dans le choc hormonal de la naissance, dans le choc psychique de la mort, dans le choc physique du corps qui se vide et s’éteint, on a bien besoin de repères.
La reconnaissance administrative peut être ce repère.

Mais il faut peut être aussi quelqu’un pour aller plus loin, quelqu’un pour vous écouter et vous dire : oui, vous avez perdu un enfant, ce n’était ni un ange, ni un pur esprit, ni un bout de chair. C’était un enfant fait pour la vie, c’était un enfant qui n’a pas pu continuer le voyage sur la terre. Ces paroles là m’ont apaisée. Quelqu’un, qui n’était pas moi, disait exactement ce que je ressentais. Je n’étais donc ni folle ni hébétée. Je pouvais donc faire confiance à mon ressenti, donner un prénom à cet enfant, et commencer à m’habituer à cette réalité : Marie-Kerguelen était venue et elle était partie. Ainsi, je pouvais commencer à la laisser aller, à me libérer d’elle et de tout ce que mon ventre tendait de garder d’elle, en vain.

Pour Rafaël, envolé avant la date de reconnaissance officielle (voir l’article statut du bébé dans la catégorie origines), je n’ai pas eu de papier. Rien qui prouve l’accouchement, rien qui dise qu’il avait existé. Je ne l’ai même pas vu, sauf en rêve. Je ne l’ai même pas touché. Il n’y a pas eu de funérailles. Les seuls éléments tangibles qui me restent, ce sont 5 échographies et un compte rendu d’autopsie.
Et cette fois, l’absence de reconnaissance ne m’a pas perturbée. Pourquoi ? Etait-ce lié au terme ? Etait-ce lié à ma précédent expérience ?
Je n’en sais rien, il y a sans doute un peu des deux, mais je penche davantage pour la seconde hypothèse.
Mon mari me disait « nous, nous savons qu’il a existé,  que nous donnerait un papier ? Que nous importe ce que pensent les autres ?»
Et sans doute avait-il raison. Je n’ai rien demandé, l’inscription au registre des embryons ne me disait rien, je n’avais pas perdu un embryon de 25 centimètres, j’avais perdu un bébé, c’était la fin d’un rêve, d’un projet, de tout un pan de vie. Le registre des embryons n’exprimait rien de cette réalité là.
Rafaël était le frère de Marie-Kerguelen, et ce qui m’intéressait, désormais, ce n’était pas qu’on me donne un papier, c’était de retrouver le sens de la vie après son départ, et de comprendre ce que son passage pouvait m'enseigner.
J’avais appris à faire confiance à mon instinct, je me moquais de ce que les gens pensaient, la vérité avait acquis en moi son infinie relativité, je croyais à la vie après la mort et cela me suffisait. Sans devenir mystique et tout en gardant les pieds sur terre, j’avais appris à croire à ce que je ne voyais pas.

Reste que peut être, si Rafaël était né plus tard, j’aurais eu besoin de cette reconnaissance administrative. Et peut être, un jour, nos autres enfants trouveront étrange d’avoir un acte pour Marie-Kerguelen et rien pour Rafaël. Je n’en sais rien.
Reste, enfin, que cette reconnaissance administrative, si elle ne se suffit pas à elle-même, me semble un vrai pas dans le respect de la vie et de ce que vivent les parents. Car les mots et les actes ne sont pas rien. Deuil périnatal, ça ne veut pas du tout dire la même chose que fausse couche.
Qu’en pensez-vous ?

par gaëlle Brunetaud publié dans : expérience vécue
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Samedi 31 mars 2007

Gaelle j'ai eu ton livre dimanche par Christophe , une fille devait passer le prendre et comme elle n'est pas venue je l'ai acheté et je l'ai lu d'une traite (moi qui lis très peu..).
J'ai beaucoup aimé et je te tenais a te féliciter, je trouve que c'est un très beau témoignage , un très bel hommage à  ta fille, c'est vraiment magnifique et très émouvant, je me retrouve dans beaucoup de passages.
Je te souhaite pleins de bonnes choses pour la suite.
Gros bisous.

Céline - association Un Pont entre le Ciel et la Terre http://upecet.free.fr/

par Céline Lemonnier publié dans : vos avis sur "Marie-Kerguelen"
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Mercredi 28 mars 2007

J’ai attendu le train tellement longtemps que j’ai cru qu’il n’allait jamais venir. En montant enfin dans la rame que je croyais vide, j'ai été surprise par un homme plié en deux sur une vieille banquette en skaï orange. Il serrait ses jambes contre sa poitrine pour cacher ses larmes et son visage bouffi. Il était parcouru de sanglots. Je ne pouvais lui offrir qu'un regard doux ; j'aurais voulu le soigner rien qu’en le touchant des yeux. Je me suis installée à distance raisonnable, la seule qui permette l’apprivoisement. Pas trop près pour ne pas l’effrayer, pas trop loin pour qu’il perçoive ma proximité discrète. Et pendant tout le trajet, je n'ai pas cessé de prendre soin de lui en l’enveloppant du regard. De temps en temps, l’homme aux yeux rouges sortait les yeux de sa caverne et m'offrait sa tristesse. Alors je redoublais de compassion. Je me suis courbée vers lui, les deux mains jointes dans une sorte de prière silencieuse. Je ne bougeais pas. J'étais captivée par cet homme en sanglots. Puis ma station est arrivée et je me suis levée. Je lui ai tendu les mains, pas pour qu’il les saisisse, mais seulement pour les lui offrir, et puis je lui ai dit quelques mots. Il m'a souri, et je lui ai offert mon plus beau regard de paix. 

Bizarrement, à cet instant, ce n’est pas lui, mais moi qui étais en train de guérir de quelque chose.
J’ai pris sa peine, il a pris la mienne, et nous avons laissé le sac de douleur fondre dans le crissement des roues du train sur les rails.

©  gaëlle Brunetaud, extrait de "Marie-Kerguelen"

 

par gaëlle Brunetaud publié dans : extraits du livre
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Mardi 27 mars 2007
Bonjour,
Lorsque j'ai commandé le livre, je l'ai lu d'une traite sur l'ordinateur.
Je viens de le relire tranquillement, plusieurs semaines après, avec encore la même émotion....
Bravo pour votre témoignage qui décrit si bien les sentiments qui jalonnent ce douloureux parcours. Et comme la petite Marie existe vraiment à travers tout ce que vous dîtes...
On a le sentiment de la connaître, et on l'aime tellement...Merci à vous.

C'est un livre à conseiller aussi à l'entourage des parents endeuillés, car il fait toucher du doigt ce qui dérange souvent : la véritable existence de cet enfant qu'ils n'ont pas connu....Vos paroles me confortent dans mon intention de toujours faire "vivre" mon petit-fils auprès de nous, pour l'amour de ses
parents, pour LUI tout simplement...
Bon courage à vous.

Patricia
par Patricia publié dans : vos avis sur "Marie-Kerguelen"
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Mardi 27 mars 2007

Bonjour Gaëlle

Désolée pour le silence radio, j'ai été bien occupée et pourtant, j'ai fini ton livre le lendemain après l'avoir reçu !

Que dire... Qui n'a pas déjà été dit ? Ton livre est tout en finesse, tout en poème et en amour... à l'image de ta petite fille. On part avec toi dans tes désirs, tes angoisses, ta souffrance, tes rêves... Ton monde !

Bien sûr, je m'y retrouve souvent, mais je découvre aussi des difficultés que je n'ai pas connues : la stérilité, le temps allitée... Des parcours différent certes, mais finalement au bout...c'est toujours la même douleur, le même déchirement que nous avons vécu et vivons encore.

Ce qui me frappe dans ton texte, c'est la présence de Dieu. Tu le cites souvent... Et j'imagine que ta foi a dû être ébranlée avec ce que tu as vécu... Et puis j'imagine que la foi t'a aidée à t'en sortir, t'a propulsée vers un autre monde... Que la foi t'a ouvert la fenêtre qui donne sur un magnifique jardin secret !

Sans être chrétienne,  j'ai dû aller la chercher au fond de moi, cette foi, la même, celle qui nous permet d'apprécier la vie pour ses moindres parcelles de bonheur : la foi en ce monde, la foi en l'amour qui nous unit tous.

Marie-kerguelen par son passage, grâce à tout cet amour entre vous, t'a fait entrevoir ce que peut-être tu n'aurais jamais vu...

Caroline, la maman de la petite fée Clémence 
http://mafilleunefee.over-blog.com

par Caroline publié dans : vos avis sur "Marie-Kerguelen"
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Mardi 27 mars 2007

Le poème d'Aleks

M’arrêter, 
Sous cet arbre m’allonger, 
Dans le ciel regarder, 
Les nuages bouger...

Des idées étranges, 
Les formes se mélangent. 
Le ciel échange, 
Des mots avec les anges...

Les comprendre sans problèmes, 
Parfois me gène, 
Pour lire leurs poèmes, 
Fermer les yeux quand même...

Alors les écouter chanter, 
Des mélodies enivrantes, 
Les anges aussi chantent...

Me réveiller par quelques gouttes, 
Qui sont des larmes de douleur, 
Que personne ne doute, 

Toujours dans mes pensées 
Juste me laisser glisser 
Léger comme une plume 
Les anges aussi ont la tête dans la lune

Une luciole dans ma main vient se poser 
Par tant de route fatiguée 
Juste la regarder se reposer 
Avant de reprendre sa route et nous éclairer

Mon âme s’envole vers les nuages 
Une aile vient caresser mon visage 
Emporté dans l’antre du ciel 
Là-haut tout près du soleil

Des larmes sortent de leurs yeux 
Mon regard se plonge dans leurs cœurs 
Je les sens malheureux 
Les anges aussi pleurent

Essuyer leurs larmes par des gestes tendres 
Les délivrer de leur tristesse 
Oublier mon cœur en cendre 
Les anges aussi ont besoin de tendresse

par Aleks publié dans : témoignages
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Mardi 27 mars 2007

Dimanche 1er avril, je serai présente sur le stand de l'UPECET - association Un Pont Entre le Ciel et La Terre - http://upecet.free.fr  - à Vaux le Pénil, dans le cadre de la Cyclosportive organisée par l'ASPTT de Melun, nommée "la 77".
Il s'agira de sensibiliser le public au deuil périnatal, au statut du bébé à naitre, et de partager nos expériences. Vous commencez à me connaître, nous ne serons pas là pour pleurer, mais pour partager, apprendre, comprendre en quoi le passage d'un bébé peut changer la vie. J'espère que cette journée sera fluide et légère comme un poisson dans l'eau, douce et bonne comme un poisson au chocolat !
L'UPECET présentera le premier numéro de son journal "Partager l'absence". 
Je serai là avec le livre "Marie-Kerguelen", qui sera dédicacé à tous ceux qui le souhaitent.

par gaëlle Brunetaud publié dans : actualités
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Dimanche 25 mars 2007

Gaëlle,
un grand merci pour votre livre plein d'espoir.
j'ai lu votre livre très rapidement.
Il m'a démontré que la plénitude existe après une telle souffrance.

Mon histoire est proche de la vôtre mais aujourd'hui je n'ai pas encore parcouru votre beau chemin vers l'ap
aisement.
Mon petit Marius est parti rejoindre les étoiles le 27 mai 2006. Il est né à 25 semaines de grossesse suite à une prééclampsie compliquée d'un help syndrom.
Il est né pour me sauver la vie et je n'ai pas pu sauver la sienne....

J'apprivoise petit à petit l'absence mais c'est un long chemin.
votre  livre est la preuve que la paix intérieure est possible.

Il me donne beaucoup d'espoir, je n'ai plus peur ...

merci.
caroline.

par Caroline publié dans : vos avis sur "Marie-Kerguelen"
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Dimanche 25 mars 2007
Chère Gaelle,
A peine reçu (le lendemain de votre envoi) qu'il est déja fini, c'est une belle leçon d'Amour pour ce petit être qui est parti trop vite.
Votre livre m'aide à y voir un peu plus clair.

Je vous souhaite  de tout mon coeur d'avoir un jour le grand bonheur d'être une Maman à part entière, car pour moi, malgré le fait d'avoir perdu ce petit ange, j'ai déjà des petites filles qui me remplissent de bonheur.
A bientôt peut-être
bisous
Delphine
par Delphine publié dans : vos avis sur "Marie-Kerguelen"
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