La lune était pleine
Le soleil était ravi ;
Prenant le chemin de la vie
Notre enfant a ouvert les yeux sur le monde.
4 enfants -étoiles ont traversé la voie lactée,
Salué leur petite soeur, bien arrivée sur la terre, et se sont envolés.
Les temps étaient accomplis.
Pour nous, une nouvelle ère commençait.
Au
commencement du monde il n’y eut pas de big bang.
Au commencement du monde, il y eut une intense force de vie et des regards pleins
d’émoi.
C'est notre faire part ...
Vous nous l'avez demandé, souvent, dans vos messages privés : Oui, nous sommes "parents sur la terre", depuis quelques mois. Et de nombreux lecteurs nous ont, tour à tour, fait part de
la joie qu'ils avaient eu à être ainsi parents, après avoir vécu un deuil.
Ce bébé qui gazouille avec nous, nous ne l’avons pas "mérité", pas plus que nous
ne pensons avoir mérité de voir partir les 4 autres. Notre fille vivante n’est pas une victoire mais elle peut être un espoir. Espoir pour les couples qui attendent une improbable
grossesse, espoir pour les familles endeuillés, signe qu’il n’y a pas de fatalité.
Vous nous avez souvent interrogé sur le temps du deuil. Je ne suis pas thérapeuthe
; il me semble simplement, à l'aune de ma seule expérience, que "faire son deuil" est une "mission possible". Mais je crois que personne ne peut dicter à qui que ce
soit le temps, la distance et les détours que ce chemin peut prendre. Personne ne peut dire "pour moi c'est pire, moins pire, etc..." Je crois que la douleur ne dépend pas du temps passé
dans le ventre, ni de l'ordre dans la fratrie, ni du temps passé à attendre. Elle dépend peut être de ce avec quoi elle va résonner, de la manière dont nous allons pouvoir la traverser,
et de l'accueil que nous fait notre entourage. A plusieurs, c'est parfois moins lourd à porter !
Lytta Basset écrivait, après le suicide de son fils : "A l'évidence, ce qui m'était arrivé me conduisait ailleurs que vers la mort". C'est cet ailleurs que nous vous souhaitons de
découvrir, le moment venu. Un ailleurs qui n'appartient qu'à vous. Un lieu que nous rêvons bien joli ... même si la tristesse peut toujours revenir, comme une vague de la mer
- avant de repartir, emportant dans son sillage un vieux limon.